Chères familles, vous ne pourrez plus lever la main sur vos enfants, mais vous pourrez toujours les violer…

inceste

Ce titre vous interpelle ?

Tant mieux ! C’est le but : lisez donc la suite.

C’est un grand débat actuel : l’inscription dans le code pénal du délit de châtiment corporel sur les enfants.

Le Conseil de l’Europe, considère que la loi française « ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels ». La France devra donc légiférer.

Je trouve inquiétant d’en arriver là pour une société dite civilisée !
En tant que maman je me mets face à mes responsabilités et estime que dans mon intimité familiale, j’ai le droit et le devoir — dans la mesure de mes obligations morales — d’élever mes enfants selon les règles et limites que je décide de leurs fixer.

Quant aux parents défaillants, fragiles ou épuisés, peut-etre faut-il envisager un renforcement des mesures d’accompagnements de dépistages et de prises en charge plutôt qu’une loi.

La priorité c’est de protéger nos enfants d’une fessée ? Franchement ?

Et le viol ? L’inceste ? L’attouchement sexuel ?

Le sénat a adopté en première lecture la proposition de loi relative à la protection de l’enfant mercredi dernier (11 mars 2015) : premier pas !

Malheureusement, le courage a manqué : l’article 22 qui introduisait (enfin…) le crime d’inceste dans le code pénal a tout simplement été supprimé (contre l’avis d’ailleurs de la commission des affaires sociales).

L’inceste en France n’existe pas dans le code pénal.
L’inceste n’est pas reconnu en France.
C’est une notion qui n’existe tout simplement pas dans le droit français… Nous sommes en 2015…

L’inceste n’existe pas dans nos textes législatifs, mais peut-être est-il pourtant sous nos yeux, chez nos voisins, dans la rue d’à côté…

1 fille sur 8 et 1 garçon sur 10 ont subi des agressions sexuelles avant l’âge de 18 ans.
L’âge moyen de survenue se situe entre 9 et 12 ans, dans 70% à 80% des cas ces agressions sont commises par des proches. (Chiffres ministère de la santé).

Aujourd’hui seule « la circonstance aggravante de viol ou agression sexuelle  commise par une personne ayant autorité » est inscrite dans le code pénal.

Que se passe-t-il lorsqu’il s’agit du frère/du cousin/ du demi-frère qui ne représente pas une « personne ayant autorité » de manière strictement définie par la loi ?

Ensuite, pour qualifier un viol il faut prouver le non-consentement… Aberrant !
Un jeune enfant sera-t-il capable de dire non ?
Sait-il/elle seulement qu’il/elle peut dire non ?
Sait-il/elle seulement que c’est interdit ?
Sait-il/elle seulement qu’il a la possibilité de s’y opposer… et comment ?

L’inscription dans le code pénal du délit d’inceste doit être une priorité, pour nos enfants et leurs enfants.

Pour protéger aussi a posteriori tous les trop nombreux survivants, en leur reconnaissant enfin le droit d’être des victimes.

Ne pas reconnaître l’inceste comme un délit pénal c’est nier ce crime.

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Un commentaire sur “Chères familles, vous ne pourrez plus lever la main sur vos enfants, mais vous pourrez toujours les violer…

  1. Chère Madame,

    Vous avez eu raison : votre titre interpelle et donne envie de lire plus loin.
    Je ne suis pas totalement d’accord avec le point de vue que vous exprimez et voici pourquoi :
    comme de nombreux parents, je me suis souvent trouvée confrontée à la question de la « bonne » ou de la « mauvaise » punition, en quête de celle qui fera réfléchir l’enfant sur la cause de l’interdit et lui passera l’envie de recommencer. Pour une fois, je vais être d’accord avec un gouvernement de gauche (c’est rare !) car je trouve que cette mesure sert bel et bien l’intérêt de l’enfant. Je n’en dirais pas autant de toutes les mesures de ce gouvernement, en particulier la loi dite du « mariage pour tous » qui à mon sens, a manqué de poser les bonnes questions sur l’intérêt de l’enfant.
    Revenons à la fessée : bien sûr il m’est arrivé d’en donner, sous le coup de la fatigue, de l’énervement ou au bord du « pétage de câble ». Mère d’une petite fille de 4 ans que j’élève seule depuis sa naissance, je n’ai pas de binôme pour m’aider dans cette tâche difficile qu’est l’éducation d’un enfant. Chaque décision, je dois la prendre seule sans autre voix pour me dire si je suis trop stricte ou trop permissive. Alors on fait au mieux ! S’il a pu m’arriver de donner une fessée à ma fille, je n’ai jamais été fière de moi. Je ne me suis jamais dit que ma fille l’avait bien méritée ni que c’était une bonne leçon. Je n’ai jamais constaté non plus que cette correction l’avait aidée à réfléchir ni que cela lui avait passé l’envie de recommencer. A l’attribution d’une fessée, l’enfant ne se focalise que sur la douleur (même pour une petite fessée) et sur l’injustice ressentie. Alors qui est gagnant ? Personne. Pour une fois, je crois que le gouvernement a eu raison de légiférer sur ce sujet qui peut paraître anodin mais ne l’est pas. Qui peut en effet prétendre faire vraiment la différence entre une petite et une grosse fessée ? Beaucoup de parents se diront capables de faire cette différence mais certains ne sauront pas la trouver. Alors où fixer la limite ? Une fessée, comme une gifle, c’est un acte de violence. Quoique nous parents, ayons du mal à l’admettre.
    Vous faites un parallèle avec l’inceste avec un titre qui interpelle, mais attention : si l’inceste n’est pas écrit en tant que tel dans la loi, il est bel et bien assimilé à un viol – fort heureusement puni par la loi. Que des enfants soumis à cette atrocité passent trop souvent inaperçus révèle l’aveuglement de notre société et parfois, le manque de discernement des relais de la société vers la famille – école, assistantes sociales, etc. Mais non, ce n’est pas le signe d’un vide juridique, le viol est puni en France et l’inceste en fait partie.

    Le débat sur la fessée doit ouvrir plus largement le débat sur la violence faite aux enfants et sur notre capacité à tous à la détecter, à percevoir chez certaines familles les marqueurs d’une détresse sociale pouvant conduire à de la maltraitance quelles qu’en soient les formes. Je lis votre point de vue : « j’ai le droit et le devoir — dans la mesure de mes obligations morales — d’élever mes enfants selon les règles et limites que je décide de leurs fixer » et vous réponds simplement et en toute sympathie : soyons prudents dans la certitude que nous pourrions avoir les uns et les autres de faire ce qui est bien ou mal pour nos enfants. La responsabilité d’élever nos enfant est bien la nôtre et dans le cadre et les valeurs que nous avons choisies, mais la société est aussi garante des règles qui vont dans l’intérêt de l’enfant, et je trouve que cette mesure va dans le bon sens.

    A vous lire,

    Clémence P.

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